LE GRAND MAL

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C’était il y a des lunes et des lunes,

Quand la forêt allait jusqu’au bout de la terre.

Quand les Pieds Rouges étaient les enfants de la forêt.

Quand la même forêt les protégeait et les nourrissait.

Bien avant les étrangers, bien avant les machines …

Je ne dis pas que la vie était douce. La vie n’est jamais douce aux humains.

Il y avait la foudre, le froid, les morsures su soleil et du serpent corail.

La vie n’est jamais douce, mais elle peut-être charmeuse.

Il y avait l’eau vive où les enfants plongeaient et sur laquelle ils faisaient voguer les écorces.

Il y avait les rais du soleil qui dansaient sur la peau.

Il y avait la fête d’actions de grâce pour remercier le cochon sauvage de sa viande savoureuse.

Il y avait les arcs en ciel dans l’écume de la cascade.

Il y avait pour accompagner les rêveries collectives, la musique de la pluie ruisselant dans les rainures des feuilles de l’arbre cornet vers les seaux de bambou.

Il y avait les bébés ronds et doux dans les hamacs de palme du grand carbet…

Oui, la vies peut-être charmeuse. Sinon qui accepterait de vivre ?

Apovini, “ Là où souffle le vent” et Itula, “ chêne vigoureux” étaient nés le même jour, le premier à l’aube, quand le grand ara commence à lancer son cri perçant, l’autre quand le soleil abandonne la clairière.

Les deux petits d’homme, orphelins avant de savoir marcher, furent élevés par leur grand mère commune, Gavayo, “ Celle qui sait”, tannée et cornée qu’elle semblait n’avoir jamais d’âge.

Ils apprirent ensemble à patauger dans la boue, puis à faire rebondir sur l’eau des pierres plates, là où le torrent s’alanguit.

Vite ils surent attraper les poissons furieux à la main puis au harpon.

Ils aimaient partager leurs jeux avec les autres enfants, mais ils n’étaient jamais si heureux qu’ensemble.

Ils étaient inséparables ….

L’un d’eux montait dans un arbre pour tendre les filets poisseux où s’engluent les oiseaux multicolores que l’autre le suivait.

Leur force et leur vitesse étaient égales, et ils se mesuraient en riant dans les courses folles ou dans l’eau.

Puis, vint le jour des tatouages à l’onoto sur leur corps flexible proclamant qu’ils étaient entrés dans l’âge du grand chasseur.

Aux dessins géométriques rituels, le vieux Chevaya ajouta un serpent enroulé sur le bras de chacun d’eux, celui qui tend l’arc.

Cette image était censée amadouer le serpent rayé qui avait tué leurs pères de l’autre côté du fleuve, avant que le bâton de feu puisse leur porter secours.

Ces deux là étaient plus que des frères.

Et il y eut un soir doux comme les autres. Comme d’habitude, les hommes fumaient en silence les feuilles roulées de l’ayito.

Les femmes riaient en se tressant les cheveux, un œil sur leur progéniture piaillant. Un délicieux fumet s’échappait d’un cochon sauvage qui finissait de cuire sous la cendre.

C’est alors qu’Aponivi s’aperçut soudain que l’épaule de Chumani, “ Goutte de Rosé”, assise devant lui, avait la rondeur et l’éclat des galets quand ils sortent de l’eau.

Et du miel coula sur son cœur.

Alors qu’il n’avait jamais prêté attention à la petite, il découvrit qu’elle avait les yeux doux et veloutés comme le ventre du frelon et un sourire qui le chavira.

Elle, bien sûr, savait depuis longtemps qu’arriverait ce moment où il lui prit la main.

Au début, Ituha s’amusa de la langueur qui saisissait son ami. Puis il s’irrita que Chimani les suivait partout, retardait leur joute où la chasse, encore qu’elle était aussi habile qu’eux à la pêche à main nue.

Et puis l’envie lui prit de caresser aussi cette fille à la peau douce. Et il arriva que Chamani partagea la natte d’Ituha.

Ituha en fut heureux, et elle le fut aussi, de rendre heureux le frère de l’homme qu’elle aimait !!

Mais un mal inconnu entra sournoisement dans l’esprit d’Aponivi, de même que le venin du dard du serpent avait pénétré dans le corps de son père. Il devint sombre, ne pouvant plus supporter les caresses de Chumani, ni les rires de son ami.

C’était après un grand orage qui avait fait rugir le tonnerre et tordu les arbres.

Pour relever leurs pièges, les deux amis se trouvaient au dessus de la cascade tonitruante d’être gonflée de toute la pluie.

Il fallait franchir les rochers glissants pour gagner l’autre rive.

Ituha marchait en tête.

C’est alors que le mal qui était entré dans l’esprit d’Aponivi souleva son bras, et ce bras, celui où se tordait le serpent, poussa son ami, son frère dans les eaux tumultueuses.

Il eut le temps de saisir le regard étonné du garçon avant qu’il ne disparaisse dans le tourbillon d’eau rageuse;

Vous voulez savoir peut-être ce qu’il advint d’Aponivi qui rentra seul au village après le grand orage ?

Personne ne dit rien ! Pourtant tout le monde savait.

Il n’est pas nécessaire de punir celui qui s’est puni lui même.

Le jeune homme s’assit derrière la grande hutte, et n’en bougea plus.

La vieille grand mère racornie, qui avait déjà vu mourir deux générations sous elle, vint lui apporter de la nourriture quelques temps, puis après elle d’autres femmes, mais il finit par ne plus rien manger du tout.

C’est ainsi qu’est né le poison de la jalousie qui ravage tout sur son passage et en premier celui qui l’éprouve.

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voilà un joli conte pour votre journée.

aujourd’hui les ouvriers changent ma toiture de véranda ma cuisine est à ciel ouvert, heureusement que la pluie n’est pas au rendez vous

Bonne journée

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Mandrine

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Published in: on 27 août 2014 at 11 h 45 min  Comments (6)  

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6 commentairesLaisser un commentaire

  1. la jalousie ce n’est vraiment pas beau

  2. Superbe conte Mandrine je me suis régalée à le lire . J’espère que ta cuisine est restée au sec pendant les travaux , Chez nous c’est à peu près la seule pièce qui a échappé aux inondations . Je regarde toujours les nuages avec angoisse surtout depuis que j’ai constaté qu’un joint descendait de la toiture , le syndic n’étant pas très pressé nous en sommes toujours au même point et les champignons commencent à tout envahir plafonds et papiers peints .
    Je te remercie beaucoup pour la sympathie que tu me témoignes pendant ces jours qui ne sont pas des plus faciles , je veux bien sur parler de cette page qui se tourne définitivement pour moi , celle de ma présence auprès de mes parents .
    Bon week end Christine
    Bisous

  3. Bonsoir Mamie Mandrine
    Amérindien j’aime bien ses petites histoires mais cette maudite jalousie qui fait autant de ravage partout, bien placé pour savoir pas besoin d’être un Indien dans ce monde est disant civilisé cela existe encore plus big,-bisous Mamie Mandrine bonne soirée ,bon courage pour la toiture et bon travail sera fait ,

  4. Bonsoir amie MAMIE MANDRINE grand plaisir de lire jolie histoire après travailler, détente, vous avez toujours trouvé pour raconter, moi cherche mais trouve pas et histoire de moi mieux pas dire !
    bisous amie et bien réparation de toiture seront bien après sécurité, bonne soirée et demain ,

  5. Quel conte touchant Mandrine, je suis toujours fascinée par les histoires indiennes, c’est un peu nos histoires ici au Québec. Beaucoup de nos gens ici ont des racines indiennes. .. J’espère que les travaux sur ton toit se pousseront sans problème mon amie! Gros bisou, Gigi 😊

  6. Bonjour Mandrine
    Je croise les doigts pour qu’il reste sec jusqu’à ce que tes travaux soient terminés
    ici ce matin il y avait du brouillard, maintenant il est tombé mais il reste gris mais moins cru qu’hier
    Très jolie histoire
    bon après midi
    Bisous
    LILI


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